La RENAUDIERE... toute une histoire

(rédaction de Marielle BLANCHARD)

I - Aux origines de La Renaudière

II - Situation et historique de la paroisse

III - Notre Dame du Plantis une paroisse disparue

IV - Le manoir de La Perrinière

V - La Machefolière

VI - Le Curé Berhelot

VII - L'abbé Victor Moreau

VIII - Nos monuments religieux

IX - Le travail la ferme vers les années 1930


La Renaudière, petite commune d'environ 800 habitants, appartient au canton de Montfaucon (6 km) et à l'arrondissement de Cholet (18 km). Elle est également distante de 54 km d'Angers.

I-Aux origines de la Renaudière

Placé au centre de l'antique Tiphalie, le territoire habité dès les premiers âges, était traversé par de nombreuses voies entre lesquelles, au centre, passait la grande voie de Champtoceaux à Montfaucon, qui venait de Villedieu, laissait la Baubrie à l'ouest, et passait entre la Perrinière, le Grand-Aunay et le Vigneau. Elle était croisée par la voie de St Macaire vers Nantes, dans la partie sud, par la voie de Montfaucon le long de la Moine, et du sud au nord probablement par celle de Tiffauges à Beaupréau.

Les monuments dits celtiques, traces de ces temps passés abondent dans le pays :
- à la Bretaudière, un peulvan de 3,20 m, dit Pierre-Levée, au flanc sud d'un mamelon de 91 m de hauteur.
- au Pont Germillon, près du carrefour des Trois-Chênes, sur le bord du ruisseau, la Pierre qui tourne, énorme bloc, long de 9 m sur 8 m, qui à midi s'en va boire, au dire des croyants.
- dans le pré voisin, deux Peulvans abattus, dont le principal mesure 4,35 m sur 2,50 m.
- sous le hameau de la Douinière, près du ruisseau, la Pierre-Drot.
- près du moulin à vent de la Colle, un peulvan brisé, un autre près de la ferme de l'Erable.
- sur un espace de près de 10 hectares, dit le Champ-des-Pierres ou de la Creux, entre la Moine vers le sud, le ruisseau du Pont-à-l' Ane vers l'est et deux chemins à l'ouest et au nord, se rencontrent de nombreuses pierres, simples blocs erratiques peut-être.

charbonneau

Menhir de Charbonneau (dans le Champ de Pierres)

pont-germillon

Le Dolmen du Pont Germillon

II- Situation et historique de la paroisse

En 1179, la commune s'appelait l'Ecclésia de Renauderia, puis en 1562, la Regnauldière et c'est enfin en 1566 que la commune prend le nom de la Renaudière.
Elle est implantée sur un plateau du nord au sud vers la Moine avec son point culminant à 104 m et son point le plus bas à 89 m. Autour on trouve les communes de Gesté à 9 km, de Villedieu à 4,5 km et de St Philbert à 5,5 km au nord. A l'est on trouve St Macaire à 6 km, au sud Roussay à 4 km et à l'ouest St Germain à 5 km.
De nombreux ruisseaux traversent la commune comme celui de Garrot (de la Varenne ou de Gaigné) et de la Riverette. D'autres y naissent comme celui du Pont-à-l' Ane, des Potiers, de la Bonducière, de la Sanguèze et de la Planche-Branger.

1789

A l'époque de nombreux hameaux dépendent de la Renaudière tels que la Bonducière (4 maisons, 23 habitants), les Landes (6maisons, 18 habitants), la Ragotière (3 maisons, 31 habitants), le Pont-Germillon (6 maisons, 38 habitants), la Maillardière (4 maisons, 18 habitants), la Bretaudière (3 maisons, 26 habitants), la Chevallerie (3 maisons, 22 habitants), l'Erable (3 maisons, 22 habitants), Charbonneau (3 maisons, 27 habitants), le Grand-Aunay (3 maisons, 19 habitants), la Douinière-Vieille (3 maisons, 20 habitants) ainsi que le Château de la Machefolière et 43 fermes ou écarts dont une douzaine de deux maisons.
La Renaudière avait une superficie de 2145 hectares dont 11 hectares en vigne, 97 en bois taillis, 20 en futaie, 3 en châtaigneraie, 360 hectares en labours, y compris les 120 hectares en landes il y a 40 ans.

Population :

1683400 communiants
1720-1726100 feux, 455 habitants
1789102 feux
1821669 habitants
1831738 habitants
1841762 habitants
1851819 habitants
1861881 habitants
1866849 habitants
1872822 habitants
1876860 habitants
1891868 habitants
1906801 habitants
1921768 habitants
1926772 habitants
1936754 habitants
1946761 habitants
1954807 habitants
1968864 habitants
1975819 habitants
1982772 habitants
1990777 habitants
1999805 habitants

La paroisse dépendait du Diocèse de Nantes, du Doyenné de Clisson, de l'Election et des Aides d'Angers, du Grenier à sel de Cholet, du District en 1788 de Beaupréau, en 1790 de Cholet, du canton en 1790 de St Macaire et depuis l'an VIII (1799-1800) de Montfaucon. La principale terre seigneuriale était la Machefolière, quoique la juridiction ressorte de Montfaucon. Perdue au milieu de chemins absolument impraticables en autre saison que l'été, même à dos de cheval, le bourg était presque tout entier habité par une population de pauvres et de mendiants.

Le marché se faisait le mardi avec du commerce de bestiaux gras, de céréales et de bois. Il y avait également à la Renaudière une fabrique pour Cholet, une saboterie et cinq moulins dont un à eau sur la Moine.

Il n'existait pas de mairie, les documents publics étaient conservés chez le secrétaire, aubergiste et buraliste. L'école libre de garçons était dirigée par le curé qui l'avait fondée (le curé Berthelot) et l'école libre de filles, dirigée par les sœurs de la Salle de Vihiers, était installée dans les dépendances de l'ancienne église, appropriée à cet effet par les soins du curé.

L'église, dédiée à Notre-Dame, tombait en ruines et a été reconstruite en 1854-1855 à trois nefs ogivales, en syénite rose du pays, dans l'ancien cimetière et sur une partie du jardin de la cure, d'après les plans de M. Simon, architecte à Cholet, et sous la direction du curé Berthelot, en fonction depuis 1925.

Un bénitier y est recueilli en granit sculpté du XIII siècle, et à la sacristie un calice en argent doré, où figurent gravé les instruments de la Passion, le voile de la Véronique, et des têtes d'anges ; une croix en argent, ornée de têtes d'anges sur fond de quintefeuilles et de guillochés ; et enfin un ciboire en argent, où se lit sous le pied l'inscription circulaire en creux : la Regnauldière E.P.R. 1634- initiales d'Etienne Porcher, recteur. Un dessin de Gaston, de Cholet, conservé à la cure, représente l'ancienne église, qui s'élevait sur le terrain voisin vers le nord. Il n'en restait en 1878 qu'une chapelle relativement moderne, transformée en bûcher pour les Sœurs de l'école et où étaient déposées sous les fagots divers pierres de tombes. A l'angle sud un cadran vertical, sur ardoise, porte l'emblème du soleil avec la devise Occidam et Resurgam.

III- Notre-Dame du Plantis, une paroisse disparue

Situation

En 1169, dans une bulle du Pape Alexandre III, on parle déjà de la paroisse Notre-Dame du Plantis " Ecclesiam de Planteil ".
Cette paroisse comprenait le territoire vaguement circulaire formant la partie nord-ouest de la commune de la Renaudière, désigné actuellement sous la dénomination de Haute-Paroisse. Traversée par l'antique voie romaine de Doué-la-Fontaine à Nantes, par St Macaire-en-Mauges et Tillières, cette région est bordée par les communes de Villedieu-la-Blouère, Gesté et St Germain-sur-Moine. On y trouve une dizaine de fermes disséminées sur un sol plat, acide, à fond imperméable.

Historique de la Paroisse

Autour de l'église paroissiale, un modeste édifice de six mètres sur neuf construit dans un bas-fond bordé par les bois, ne devait se former qu'un maigre village ; certains documents anciens parlent d'une borderie.

Vers 1420, la paroisse de Notre-Dame du Plantis est annexée à celle de Notre-Dame de la Renaudière. C'est ce que confirme, en 1979, le vicaire de la Renaudière, C. Bonaventure Bureau dans son " répertoire des noms et surnoms inscrits dans les registres de la paroisse de la Renaudière ". L'église annexée du Plantis était présentée par le seigneur de la Thévinière et le curé de la Renaudière était tenu d'y venir dire la messe aux quatre grandes fêtes de l'année.

Au début du XVIIe siècle, le seigneur de la Thévinière étant ruiné, les droits de présentation furent cédés aux seigneurs du Plessis en partage alternatif avec l'Abbé St Jouin et plus tard avec l'évêque de Nantes. Les baptêmes, mariages et sépultures continuent d'être célébrés au Plantis. Puis le dernier acte intéressant la paroisse date du 8 décembre 1708 : c'était l'acte de sépulture de Mathurine Séchet, femme de Jean Sanson. A cette époque on ne parle déjà plus de baptêmes et de mariages. A partir de 1709, les sépultures sont faites au cimetière de la Renaudière, pourtant on prétend que mariages et sépultures ont lieu au Plantis jusqu'en 1789.
En 1792, on suppose qu'une activité paroissiale a subsisté jusqu'à la révolution et jusqu'aux guerres de Vendée ou que des moines réfractaires y sont venus célébrer furtivement profitant ainsi de l'isolement du lieu. Après la tourmente, des pierres de taille sont extraites des ruines du Plantis afin de construire la ferme de la Moricière.

Le Plantis aujourd'hui

Aujourd'hui dans le mur de la façade de la Moricière on peut encore deviner un petit piédestal et près d'une grange, un bénitier de granit, massif et cylindrique, se laisse détériorer par les intempéries.

Sur le Plantis même il ne reste que quelques modestes bâtiments qui ont été reconstruits mais qui sont à présent inhabités. Près de la porte d'entrée gît une pierre carrée, creusée que l'on ose à peine appeler bénitier. On peut également remarquer un linteau de fenêtre, débris d'une pierre de granit décorée en ogive et au-dessus de la porte d'une étable, un fragment de croix à fût rond, ornementé d'une croix sculptée. D'après G Grellier, il ne reste rien des autres fragments de croix signalés par Célestin Port.

C'est dans un petit pré voisin qu'ont été repérées les fondations de la modeste église, et c'est là, tout près, que la croix gardienne des lieux s'est brisée en tombant sur des tombes depuis longtemps abandonnées.

Il est difficile d'imaginer qu'une vie paroissiale avec tout ce qu'elle comprend ait pu s'exercer durant plus de six siècles en ce coin déshérité.

plantis

IV- Le Manoir de La Perrinière

La Perrinière est un domaine situé sur les communes de la Renaudière et de St Germain s/ Moine. (La salle à manger est sur la Renaudière et le salon sur St Germain s/ Moine).
On parvient à la Perrinière par une allée qui commence sur la route de Montfaucon à Villedieu, presque à un kilomètre du carrefour du Chêne-aux-Loup. Une courte allée, ombragée de quelques futaies, arrive en équerre sur l'ancienne avenue principale ou plus exactement sur un quadrilatère de verdure qui formait l'extrémité de cette avenue. En effet, l'avenue principale commençait sur la route de St Macaire à Tillères environ 100 m avant le Chêne-aux-Loups, mais elle n'était guère praticable ; par contre elle était rigoureusement droite et traversait le principal du bois de la Perrinière.

Le manoir en 1961

Une grande grille fermait un jardin à la française. Les deux ventaux du portail étaient ouverts sur ce jardin. L'allée centrale, toute droite, est bordée de buis, d'ifs et de vieux rosiers.
A droite restaient quelques dépendances, des restes des granges, des écuries, des pressoirs et de la chapelle édifiés en 1660.

Le château était entièrement entouré d'eau ; en effet les anciennes douves subsistaient tandis que le pont-levis avait été remplacé par un pont dormant. Sur la face située au Nord-Est se dressaient encore à droite et à gauche les vestiges de l'ancienne construction, en bordure des douves. La maison de l'époque, une vaste demeure moderne, était à quelques mètres plus loin. La façade était longue et symétrique avec une porte centrale vitrée. L'autre face exposée au Sud-Ouest, donnait sur une terrasse qui longeait tout le bâtiment de l'autre côté des douves. Le tout s'élevait sur deux étages et était couvert d'ardoises.
Autour extérieur des douves, à droite et à gauche on voyait deux chemins au bout desquels s'étendait une belle prairie sur laquelle la maison donnait sa face d'agrément. Tout autour de la maison on trouvait des bois parmi lesquels se faufilaient cinq belles allées. C'était au milieu de ces bois et de ces prairies que le ruisseau de " la Perrinière " prenait sa source pour ensuite s'étendre sur 200 m de cours.
Sur la droite de la maison, du côté de la prairie, subsistait une charmille où quelques moulures ou socles de statues sont éparpillés sur le sol ... vestiges des temps passés
La Perrinière était un magnifique domaine composé d'un vieux manoir sobre, sans aucun luxe d'architecture, niché au milieu des bois et d'une végétation sauvage qui formaient des paysages enchanteurs

Les occupants du manoir de 1390 à...

Le premier nom connu ici est Pierre de la Perrinière qui vendit ses terres en 1390 à Olivier de Clisson. Ensuite on y trouve en 1453 Yvonnet Simon, un chevalier.

La famille Gibot

Puis au milieu du XVè siècle vers 1460 c'est Jean Gibot, un écuyer, qui devient Seigneur de la Perrinière ; sa famille restera en possession du domaine jusqu'à la Révolution de 1793
En juillet 1633, Claude Gibot, seigneur de la Perrinière est enterré à Asnières, près de Sablé.
Puis vers 1660, le manoir est habité par René Gibot, père de six enfants. René Gibot avait fait reconstruire le manoir à cette époque (1655-1660) et il avait fait installer un oratoire afin que sa famille, ses domestiques et serviteurs ainsi que lui-même puissent assister à la Sainte Messe même par " temps d'hiver ".
René-Luc de Gibot, un des fils de René de Gibot, père de treize enfants, racheta quelques métairies non loin de la Perrinière augmentant ainsi son domaine. Il était également gouverneur du Puy-Notre-Dame en pays de Montreuil.
Pierre-David de Gibot, un autre fils de René, fut reçu chevalier de l'Ordre de Malte en 1667 puis en 1680, il partit faire ses armes à l'étranger d'où il revînt avec le grade de capitaine de galère et pourvu de la commanderie de Bourgneuf puis de celle du Temple près de Mauléon.
En 1756 Pierre-René de Gibot, fils de René-Luc, fit l'acquisition d'une partie de la forêt " de Mortagne " au nord de Cholet, de deux métairies à la Séguinière, de la maison noble du Landreau, le tout vendu par Messire Charles-François de Villeneuve, seigneur de Cazeau.
Le 8 mai 1759, Louise-Catherine de Gibot épousa Messire Jacques d'Escoubeau du Sourdis, Seigneur de Gesté.

C'est ainsi que vécurent les seigneurs de la Perrinière, loin des fastes de la Cour, en contact avec de simples gens sans pour autant oublier les privilèges de leur sang.
Durant toutes ces années la famille Gibot acquiert petit à petit de nouvelles terres :
René-Louis de Gibot, fils de Pierre-René, devient le comte de Chavannes, chevalier, seigneur de la Perrinière, la Barboire, la Gohelière, la Haye-le-Rosé, le Sap, le Landreau et la Mauvoisinière.
Ensuite son fils Luc-René prit le nom de Marquis de Gibot. Il figurait à Angers comme un brillant d'esprit et en 1790, étant seigneur d'Erigné, il brigua même la place de maire d'Angers.
Mais déjà à l'horizon on voyait approcher les tourments des guerres de Vendée devant lesquelles Luc-René de Gibot prit la fuite en s'exilant. Tout ses biens furent dissipés et vendus comme biens nationaux.

Après les Guerres de Vendée

La Perrinière fut partiellement brûlée puis vendue à un marchand du faubourg St Honoré à Paris qui la confia à un homme d'affaire de Montfaucon.
(Suite à cela, la chaîne des propriétaires est quelque peu " floue " et ne permet pas de dire qui occupait le manoir jusqu'aux alentours de 1815)
En effet c'est aux alentours de 1815 que la Gohelière, la Largère et le domaine de la Perrinière furent achetés par un officier républicain, le général Travot. Il avait été envoyé pour pacifier la Vendée où il laissa le souvenir d'un homme assez humain. Le général Travot avait pensé s'installer dans les Mauges avec sa famille, mais suite à un procès devant le conseil de guerre à Rennes dû aux jalousies et à la haine de ses amis et ennemis, il perdit la raison et dut finir ses jours en maison de santé. Ses fils morcelèrent et vendirent le domaine.

Le nouvel acquéreur fut M. Arthur-Philippe-Guillaume-Parfait de Bouillé du Chariol d'Authezat, un auvergnat, qui épousa Zoé de Bonchamp, la fille unique du général vendéen Arthus-Melchior de Bonchamp. Il eut un fils, Fernand-Marie qui eut lui-même une fille, Louise-Thérèse. Vers 1871 la famille de Bouillé vendit la domaine de la Perrinière à un avocat de la région, Maître Hervé. Une demoiselle Hervé épousa un Bretault et le manoir resta très longtemps dans cette famille. Aujourd'hui c'est Monsieur Pignolet le propriétaire.

perriniere

La Perrinière aujourd'hui

V- La Machefolière

Célestin Port avait écrit à propos de la Machefolière : ancienne terre seigneuriale de la paroisse, relevant de Montfaucon, avec manoir dont le logis, au sommet du côteau, domine la rive droite de la Moine. Aujourd'hui à la Machefolière, distante de trois kilomètres de la Renaudière, il ne reste que la ferme installée au rez-de-chaussée de l'ancienne demeure dont elle conserve des vestiges.

Le domaine

Le château était composé de petits bâtiments irréguliers à toits larges et bas, à tourelles étroites, à portes en ogives et à créneaux. Couvert de mousse, tout ceci formait un ensemble grave et pittoresque. Deux ifs, aussi vieux que le manoir, semblaient être depuis des siècles, les gardiens de la porte du jardin. Les portes et les fenêtres étaient ornées de fort belles sculptures.

Célestin Port en avait fait la description détaillée suivante :
Le principal corps à toit abaissé, en tuile, était flanqué sur sa face orientale de deux tours d'angle. Sur la face opposée, au centre, en saillie, une grosse tour à fenêtre ogivale, contenait un magnifique escalier tournant en granit. Au-devant s'étendait une grande cour avec les servitudes et la chapelle. Deux ifs énormes indiquaient encore l'entrée de l'ancien jardin. A l'intérieur, se trouvaient deux hauts et vastes appartements, munis chacun d'une colossale cheminée en granit taillé, avec fenêtres bordées de sièges de pierre. Deux chambres à coucher, portaient peint sur le manteau de leur cheminée un arbre généalogique formé d'écussons. Trois grands bois taillis, cinq métairies, et les moulins à eau et à vent de la Colle et de Normandeau en dépendaient.

Un théâtre de drame

Le 29 juillet 1746, l'aumônier Jacques Hacket, prêtre irlandais, fut trouvé noyé, âgé de 34 ans, dans la Moine.

Mais le drame le plus célèbre s'étant déroulé à la Machefolière est celui de la " Belle Marion ".
La famille de Collasseau possédait le domaine depuis le milieu du XVIIè siècle. Marie-Renée-Françoise de Collasseau, dite la Belle Marion, veuve de M. Rouault de Trigueil, dont elle avait un fils, épousa en seconde noce, René-Bertrand Morand, chevalier seigneur du Déron et de la Haye-de-Bretagne : elle prit ainsi le titre de " Dame de la Machefolière et... du cimetière son annexe ".
La " Belle Marion " était d'une incomparable beauté et elle aimait se promener à cheval accompagné d'un fidèle serviteur et de quatre grands lévriers. Petit à petit la dame devenait de plus en plus despotique et acariâtre avec son mari qui pourtant était l'homme le plus doux du monde mais aussi le plus faible. Madame commençait à trouver son mari encombrant et le pria donc de ne plus s'occuper des affaires car elle aimait à tout gouverner.

Monsieur se fâcha enfin le jour où l'on vit le fidèle domestique devenir intendant. Huit jours plus tard la belle, discutant avec son intendant qui avait du mal à accepter son ordre, mit en place son crime. Elle pria son mari de descendre dans son cabinet, au rez-de-chaussée de la tour nord. La tête de monsieur, placée devant la fenêtre donnant sur le jardin et éclairée par le chandelier, devenait une cible pour le tireur caché dans les buissons, qui n'était autre qu'Albert, le fidèle intendant. Une détonation retentit et la châtelain s'effondra.

La Belle cria aussitôt au crime de rôdeur ou de braconnier, mais la voix publique la dénonçait. Elle fut arrêtée. On prétend que la bourre du fusil fut retrouvée sur le sol et qu'elle avait été faite avec une lettre d'amour de Madame du Déron à son intendant. Pourtant la dame fut acquittée. L'intendant disparut et on dit qu'il mourut en Amérique après avoir avoué son crime.

La dame prononça cette phrase à l'annonce du verdict :
" Merci Messieurs les juges, vous m'avez blanchie "
La réponse fut :
" Oui Madame mais avec de l'encre "

Un dicton vendéen illustre parfaitement la conclusion de cette histoire :

" De trois choses Dieu nous garde :
De bœuf salé sans moutarde,
D'un valet qui se regarde
Et de femme qui se farde "


VI- Le Curé Berthelot

Une rue de la Renaudière s'appelle la rue du Chanoine Berthelot et ceci n'est pas anodin. En effet cette rue porte le nom d'un curé de la Renaudière qui a marqué la commune et que l'on a appelé le " Père La Flamme " car il ne connaissait pas le repos.

Né le 13 septembre 1799 à Champtocé, sur les bords de la Loire, Christophe Berthelot fit ses études au Petit Séminaire de Beaupreau. Ordonné prêtre le 12 juin 1824, il fut nommé vicaire à St Macaire-en-Mauges pour devenir ensuite curé de la Renaudière le 25 août 1825, charge qu'il occupa jusqu'à sa mort le 6 décembre 1884.

Le curé Berthelot était une figure emblématique dans la commune, on le voyait passer dans les rues à s'affairer sans cesse. En effet levé dès 3h30, il remplissait ses obligations sacerdotales, ensuite à 7h30 il donnait des cours dans sa " chère école " et enfin à la fin des cours, à 16h, il visitait les malades et ne se couchait pas avant 22 ou 23h.

Le Père la Flamme aimait recevoir des collègues et des jeunes à qui il donnait des cours mais il n'aimait pas sortir. En effet ses seules sorties étaient des visites à ses collègues et sa retraite annuelle à Bellefontaine. Sa seule véritable sortie fut un séjour à la mer, sur ordre du médecin, qu'il a quand même écourté en ne partant qu'une semaine au lieu des trois prescrites.

Le chanoine Berthelot mourut le 6 décembre 1884 et c'est la commune entière qui fut en deuil. De nombreuses personnes étrangères à la Renaudière sont venues rendre hommage à cet homme intrépide et dévoué.

De grands actes pour la commune

Le curé Berthelot était un de ces prêtres qui avait compris que l'éducation en milieu rural était très importante. Vers 1829, il créa la première école à la Renaudière, école très estimée et très fréquentée. En effet quelques 100 à 150 élèves de la commune et des communes environnantes faisaient le déplacement pour assister à la classe du Père la Flamme.
Il y enseigna jusqu'à la fin de sa vie, aidé dans sa tâche tout d'abord par Mademoiselle Marie Poilane, puis par Mademoiselle Marie Ripoche. Il installa également l'école libre de filles dirigée par les Sœurs de la Salle-de-Vihiers, dans les dépendances de l'ancienne église.

Le deuxième grand acte, dont il fut l'auteur et qui marqua la commune, fut l'édification de l'église actuelle qui commença le 1er août 1854 et fut bénite le 12 août 1857. En effet l'église, dédiée à Notre-Dame tombait en ruine. Il en fut à la fois, le financier, l'architecte et le maître d'œuvre, aidé dans sa tâche par M. Simon, un architecte de Cholet. C'est dans cette église que l'on pleura le vieil homme lors de sa mort le 6 décembre 1884.

Les restes du Saint Pasteur ont été déposés au pied de la croix du cimetière. Une citation, signé A.B., peut résumer le sentiment des paroissiens :
" Adieu donc prêtre vénéré nous perdons en vous un père aimé, la paroisse de la Renaudière un pasteur incomparable, le clergé un modèle de la fermeté dans la foi, de l'énergie dans le travail et de la régularité dans la conduite de la vie. "

VII- L'abbé Victor Moreau

Il naquit en 1881 dans une famille chrétienne d'instituteurs publics, à Villebernier, près de Saumur. Il était professeur à Ste Marie de Cholet où il faisait preuve d'une grande compétence, due à son amour de l'étude et des livres, pour former une élite.

Il était artiste et admirateur inconditionnel de la nature ; en effet devant un bel arbre, une clairière ensoleillée ou une œuvre d'art, l'Abbé Moreau oubliait tout. Déjà aux alentours de 1890 le professeur de Villebernier, son père, devait sévir contre les escapades buissonnières de son fils.

En 1927 M. Moreau fut nommé curé de la Renaudière et il y resta jusqu'en 1958. Il était un pasteur digne, apprécié, charitable, compréhensif qui écoutait ses paroissiens même à propos de leurs plus menus problèmes de famille. Il était posé, prudent et il n'avait pas la fougue d'un de ses prédécesseurs : le " Père la Flamme ". Pourtant M. Moreau mettait toute sa passion à défendre farouchement ses écoles avec M. Morinière pour les garçons et les sœurs de la Salle-de-Vihiers pour les filles. Il avait une grande admiration pour l'enseignement de son père et désirait inculquer le même aux enfants de la Renaudière : " Des bases scolaires foncièrement chrétiennes sont indispensables à l'éclosion des vocations sacerdotales et religieuses " qui effectivement ne manquèrent pas sous son pastorat.

L'Abbé Moreau comme le " Père la Flamme " était un homme très actif, c'est pourquoi on l'entendait régulièrement se plaindre que les journées n'aient que 24 h et demander des journées de 48 h afin d'accomplir toutes ses tâches et de pouvoir se consacrer à ses goûts d'artiste.

L'Abbé Moreau était prêt à tout pour défendre, soutenir, protéger ses paroissiens et c'est en 1942-1944 qu'il le prouva fortement. En effet à cette époque, on manquait de bras pour les travaux des champs car les hommes avaient été faits prisonniers. Discrètement il burina dans des copeaux de buis les différents sceaux des administrations allemandes cantonnées dans la région et c'est ainsi que plusieurs purent rentrer grâce à de faux laissez-passer et de faux sauf-conduits.

L'ironie du sort est que dans le même temps des garnisons de l'armée d'occupation s'installèrent pour plusieurs semaines chez lui, en la grande salle du rez-de-chaussée. Un jour un de leurs officiers vint leur rendre visite, s'excusa auprès de lui pour le dérangement et le félicita de parler excellemment la langue allemande. S'il avait su que, dans la même langue le bon curé rédigeait non moins habilement laissez-passer et sauf-conduits !


En 1958, il quitta sa paroisse pour les Ardilliers où il s'éteignit en 1964. Ses cendres reposent dans le cimetière de la Renaudière.

VIII- Nos monuments religieux

Témoins d'une croyance en Dieu aussi dure que le granite et étroitement solidaires du terroir qui leur a donné naissance, nos Croix et Calvaires révèlent la maîtrise de nos granitiers, qui taillaient la roche avec autant de verve que les paysans en mettaient dans l'accomplissement des travaux des champs.

Calvaire

Voici l'historique des croix, calvaires et grottes édifiés sur la commune :

- Le grand-père BRIN avait promis d'élever une statue si ses enfants revenaient de la guerre 39-45. Chose promise, chose due. Il attendit cependant le retour d'un de ses fils prisonnier et, en 1949, la famille creusa une excavation dans un talus bordant le terrain du grand-père.
La Sainte-Vierge y a été placée par René MORIN, maçon à la Renaudière, ancien prisonnier de guerre. La statue a été bénie le dimanche 9 octobre 1949 par le R.P. FILLAUDEAU, supérieur des Chapelains de Notre-Dame du Marillais. Celui-ci était un copain du grand-père BRIN durant la guerre de 14-18. Monsieur Le Curé MOREAU de la Renaudière assistait également à la bénédiction au cours d'une cérémonie à laquelle participait un grand nombre de paroissiens.

vierge

- La famille Pierre MARY du Bordage éleva en 1871, une Croix à l'angle de la route du Grand-Aulnay : ceci en reconnaissance du retour de leur fils Pierre de la guerre de 1870.
- Le Calvaire du Cimetière date de la Mission de 1901. Remarquable œuvre de granite qui provient des Douinières. Deux croix se brisèrent en les transportant et il fallut en tailler une troisième pour procéder à son édification.
- Le Calvaire du Pont-Germillon fut élevé au cours d'une Mission en 1887. Il fut rénové à deux reprises pendant les Missions de 1924 et 1959.
- Le Calvaire de La Piltière a été élevé en 1912, par la famille DOUCET qui était venue s'installer à la Renaudière après avoir quitté Montigné en 1899. Le grand-père Pierre DOUCET et sa femme née CHIRON avaient acheté la ferme de La Piltière (25 ha) et s'étaient promis d'élever un calvaire s'ils réussissaient sur leur terre.

mission


En décembre 1951, eut lieu une Mission. A cette occasion, les gens allèrent en procession de l'Eglise au Calvaire en cheminant entre les guirlandes de houx et les roses en papier. On descendit le Christ pour le décaper et le repeindre. Certains craignaient qu'il ne fût prêt pour la cérémonie mais le travail fut bien exécuté pour le jour fatidique.
- La Croix du Pouet serait l'ancienne Croix du Cimetière qui aurait été transportée là à une date que personne ne peut préciser.

croix

- La Vierge de La Petite Brunellière fut élevée en 1964 par la famille PREAULT. Gabriel Préault et sa femme se rendaient souvent à Lourdes où ils aidaient les malades à se déplacer. Ils avaient une grande dévotion pour la Vierge et ils décidèrent d'édifier ce petit oratoire.



IX - Le Travail à la ferme vers les années 1930


Le grand nettoyage de Pâques

Dans le bourg, comme dans les fermes, souvent pendant la Semaine Sainte, quand le temps est convenable, les femmes font le grand ménage, à fond, dans tous les coins et recoins de la maison.
Il faut d'abord sortir toute la literie : oreillers, traversins, couvre-pieds, couvertures, draps, couettes-paillasses, ballines. Tout cela est exposé au grand air sur des fagots, ou des tôles pour isoler de l'humidité du sol, les couvre-pieds et couvertures sur le fil à linge.

Charette

Comme il n'y a pas de sommier, les planches du fond du lit ainsi que tout le bois de l'intérieur du lit sont nettoyés à l'aide d'une petite balayette de genêt pour en chasser la moindre petite trace de " velon " (duvet de poussière ou " mouton ").


On décroche ensuite les rideaux des fenêtres, les cadres du mur, la glace, les photos, qui sont bien essuyés et mis de côté en attente. Les murs sont époussetés, les soliveaux débarrassés des araignées. Les armoires et les commodes, ramenées vers le milieu de la pièce, sont époussetées par derrière. Le journal du dessus de l'armoire est changé. Le tout recouvert de vieux draps ou de " barnes " (sacs de jute cousus ensemble).


Tout est donc prêt pour le blanchissage des murs, cela consiste à délayer, dans une bassine, de la chaux dans de l'eau et à y ajouter un sachet de bleu à linge. A l'aide d'un gros pinceau rond on badigeonne le plafond (ça dégouline dans les manche de chemise !) et murs de la chambre à coucher et de la cuisine. Pour celle-ci, il faut commencer de chaque côté de la cheminée, car les murs sont enfumés et donc nécessitent une couche supplémentaire. On fait le tour de la pièce et comme on a fait courant d'air en laissant ouvertes portes et fenêtres, ça sèche vite... et on peut passer une seconde couche de blanc, et une troisième de chaque côté de la cheminée. Il faut prendre garde de ne pas s'appuyer au mur avant qu'il ne soit très très sec. On fait une petite retouche dans les coins, dans les entrées de portes et fenêtres avec un petit pinceau plat.
Il faut maintenant laver " la place " carrelée avec des carreaux de terre cuite, ou cimentée simplement, ou même restée couverte en cendre de chaux. A grands coups d sceaux d'eau et de balai, on gratte avec un balai de bouleau usagé (ça remplace le balai brosse alors inconnu) puis on affine au balai de mil et on rejette l'eau vers la porte, mais quelquefois la pente est à l'opposé... hélàs ! Enfin on arrive au rinçage, ouf !


En fin d'après-midi, le sol est sec, les murs aussi, on regarde : pas de lichée (trace) tout est net et sent le frais. On remet armoires et commodes à leur place habituelle, on raccroche tout ce qui garnissait les murs. On refait les lits : " la balline " garnie de balle d'avoine, la paillasse, la couette... tout ça bien brossé, bien remué, a doublé de volume (ce soir les enfants auront besoin d'une chaise pour grimper dans le lit), draps et taies d'oreillers sont changés. Quel bon somme dans toute cette blancheur et ce moëlleux !

Meule

Le lendemain et les jours suivants, il faut cirer les meubles à la cire d'abeille (achetée en grande boîte, ou confectionnée à la maison, avec de la cire pure éclaircie à l'essence de térébenthine fondue dans une boîte de fer sur la plaque du foyer, loin de la flamme), astiquer au miror les fiches en cuivre des armoires et buffets, laver les vitres, raccrocher les rideaux lavés et amidonnés, replacer le tapis sur la table du milieu, refaire le vase de fleurs, regarnir le dessus de la cheminée de tous les bibelots nettoyés minutieusement, renoircir la plaque en fonte du foyer... Bref, la chambre à coucher est superbe !


Pour la cuisine, même blanchissage, même lavage, même astiquage, avec beaucoup plus de peine car elle est plus encrassée que la chambre et il y a plus d'objets à sortir et à remettre en place, mais tout y passe quand même.


Ce grand nettoyage aunuel traditionnel était un bon moyen de ne pas laisser les maisons se détériorer en leur donnant cette salutaire toilette de printemps, très hygiénique.


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